Cher Dirty Dancing,

Qu’est-ce que je lis, pas plus tard que la semaine dernière ? Que tu reviens en grande pompe 39 ans après avoir fait chavirer les cœurs de toutes les nanas d’une génération ? Ouch ! Faut voir franchement. Attention quand même à pas tomber de ton piédestal.

Bébé, si tu es née femme fin 70 - début 80, tu tombais probablement amoureuse pour la première fois de cette fossette et ce cul moulu dans le cuir de Johnny (le personnage joué par Patrick Swayze, paix à son âme). A minima tu soûlais ta mère pour qu’elle t’inscrive à un cours de dirty dancing (inexistant encore à ce jour en France). Si tu es né homme à cette même période, tu as jalousé - pour ne pas dire haï, Johnny ou Patrick lui-même, disons les deux. De facto, il n’y avait aucun moyen pour toi de rivaliser. Ce qui s’est d’ailleurs confirmé 3 ans plus tard avec Ghost : avais-tu obtenu ton diplôme de céramiste, avec Demi Moore sur les genoux, pendant que t’essayais de faire tenir ton étron d’argile sur ta tour ? Non.

Tu t’es peut-être affiché avec ton vinyle d’AC/DC ou ton poster de Sunday Bloody Sunday, mais toi aussi tu as poussé au moins une fois cette VHS au fond du lecteur de tes remps et roulé des patins sur The Time of my life.

Que tu l’admettes ou non, pour tous et toutes, ça a été a time of our life.

Pour les béotiens et les gen Z, Alpha et tout c’qui s’en suit : c’est l’histoire de Bébé, oui, Bébé, une fille de 17 piges, qui débarque de New York avec sa famille blindée dans une pension pour les vacances. Bébé, qui s’emmerde ferme, semble prête à tout pour vivre des vacances inoubliables.

Sans surprise, elle se retrouve témoin d’une scène olé olé à l’époque : la partenaire de danse de Johnny, Penny, est enceinte d’un coup d’un soir. Elle l’annonce haut et assez fort pour que le monde l’entende : hors de question de le garder. Bébé, avec sa bonté, et surtout son père plein aux as, vont régler le problème. Survient alors un autre hic, de taille : Bébé va devoir remplacer Penny pour LE spectacle de la saison, elle qui n’a jamais fait un pas de danse digne de Patrick. Ça veut dire du collé-serré à suivre. Que tu as envie de suivre c’est insensé.

La suite en VHS, euh en VOD.

On en a vu des nanards à cette époque, mais cette danse, cette typo du titre, cette musique, cette sensualité … ont laissé une trace dans l’inconscient collectif, si, si.

Suite ou pas 40 ans après, cette culte(ridicule)rie comblera sans peine une de vos soirées cet hiver, loin de s’achever.

Jeté, portée, pointé…

Allez, sous la couette avec Patrick !

anne wehr

Author and illustrator based in Paris, France. 

http://www.annewehr.com
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