Cher Empathie

À peine née et déjà culte. Et ça n’est pas par empathie, c’est simplement du génie, de la génialissime scénariste et comédienne québecoise Florence Longpré.

Si tu es bien ce qu’il y a de plus précieux, certains l’ont carrément omis de leur vie, y’a qu’à écouter trois secondes les News. Et toi, tu déboules subito dans la nuée des séries TV d’une qualité pour le moins disparate, et direct tu fais l’unanimité. Bouleversant.

Des films avec des timbrés, on en mate à la pelle, mais depuis Vol au-dessus d’un nid de coucou, pas un ne nous avait mis le sourire aux lèvres et la larme à l’œil en même temps.

Histoire qu’on mette tout le monde au diapason, je raconte vite fait à celles et ceux qui ont vécu dans une grotte depuis 6 mois (avant de binger la saison 1 ce soir). C’est l’histoire d’une meuf, Suzanne Bien-aimé, alcoolique, méga triste par suite de la mort de sa chérie, dans une relation tendue du string avec sa mère autoritaire, tapie dans sa solitude. En un mot : paumée.

En revanche, une fois dans la peau de Docteur Maboule dans un institut psychiatrique, au côté d’un animal du genre agneau, Mortimer (le succulent Thomas Ngijol), elle reprend tout le poil de la bête. La confiance au taquet, aucun jugement à portée de main, à traiter des gens « déséquilibrés » pour les ramener sur Terre. Sa formule (pas si magique pourtant) : de l’humanité enrobée de sourire. Et cerise sur le gâteau, à force de s’y frotter, elle se soigne elle aussi.

T’en as combien qui pense que la psy, c’est pour les zinzins, et que le Joker est une carte qu’on brandit quand on est vraiment dans la panade et non un tueur psychopathe ? Eh bien après avoir vu la saison 1 d’Empathie, tu en redemandes. Ça te donnerait presque envie de te dégoter une pathologie pour être interné dans cet hôpital. Nan, mais sincèrement, tous autant tarés que nous sommes avec nos maux mentaux à la pelle, on n’a pas tous envie de troquer nos comptes Insta de psy du bien-être et le canapé de Freud pour une heure avec Suzanne ?

Va pour nos vies ordinaires. Mais mieux encore : et si on envoyait Trump et nos mégalos locaux là-bas ?

Pardon, je dévie, c’est dû à ma dose d’Empathie... N’empêche, on a hâte de voir qui s’y collera à la Saison 2.

En attendant, je te fais un bec plein d’empathie.

anne wehr

Author and illustrator based in Paris, France. 

http://www.annewehr.com
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